Le Vietnam attire un nombre croissant de voyageurs grâce à ses paysages, son patrimoine, sa gastronomie et des prix encore accessibles. En 2025, le pays a accueilli près de 21,2 millions de visiteurs internationaux, un niveau supérieur au précédent record enregistré avant la pandémie. Cette progression s’est poursuivie en 2026, avec près de 12,3 millions d’arrivées étrangères au cours du premier semestre.
Cette réussite profite à l’économie locale, mais elle concentre aussi les visiteurs dans quelques destinations très connues. Hoi An en soirée, les embarcadères de Ninh Binh, les principaux itinéraires de la baie d’Ha Long ou le centre de Sapa peuvent ainsi perdre une partie de leur charme aux périodes les plus chargées.
Il n’est pas nécessaire de supprimer tous ces lieux de son itinéraire. En choisissant de meilleurs horaires, en évitant certaines périodes et en explorant des alternatives proches, il reste possible de découvrir le Vietnam dans de bonnes conditions.
Le Vietnam face à une fréquentation touristique record
Le développement du tourisme vietnamien est particulièrement rapide. Après avoir accueilli environ 17,5 millions de visiteurs étrangers en 2024, le pays a dépassé 21 millions d’arrivées en 2025. L’objectif officiel pour 2026 est fixé à 25 millions de visiteurs internationaux, auxquels doivent s’ajouter environ 150 millions de déplacements touristiques domestiques.
La fréquentation n’est toutefois pas répartie uniformément. Les voyageurs étrangers se concentrent principalement autour de quelques étapes facilement accessibles :
- Hanoï et son vieux quartier ;
- la baie d’Ha Long ;
- Ninh Binh et Tam Coc ;
- Sapa et les villages environnants ;
- Hoi An et Da Nang ;
- Nha Trang ;
- Da Lat ;
- Hô Chi Minh-Ville ;
- Phu Quoc.
Une destination très fréquentée n’est pas forcément à éviter entièrement. La difficulté vient surtout des visites effectuées aux mêmes heures, dans les mêmes rues et avec des programmes identiques proposés par de nombreuses agences.
Les principales alternatives aux destinations les plus fréquentées
| Destination connue | Principale difficulté | Alternative possible |
| Hoi An | Vieille ville très chargée en fin de journée | Huê, les villages de Cam Kim ou les environs de Tam Ky |
| Baie d’Ha Long | Nombreux bateaux sur les circuits classiques | Baie de Bai Tu Long ou secteurs moins fréquentés de Lan Ha |
| Tam Coc | Files d’attente et embarcadères encombrés | Réserve naturelle de Van Long |
| Sapa | Centre urbanisé et sentiers populaires très fréquentés | Bac Ha, Hoang Su Phi ou certains villages éloignés |
| Da Nang et Nha Trang | Fronts de mer très construits | Quy Nhon et la côte de Phu Yen |
| Phu Quoc | Développement rapide et forte fréquentation saisonnière | Con Dao ou des étapes côtières continentales |
Visiter Hoi An sans subir la foule du soir
Hoi An est l’une des villes les plus visitées du pays. Sa vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO a accueilli environ 4,43 millions de visiteurs en 2024. La concentration est particulièrement forte entre la fin de l’après-midi et le début de soirée, lorsque les groupes arrivent pour voir les lanternes illuminées.
Le meilleur moyen de profiter de Hoi An consiste à visiter le centre historique tôt le matin. Entre 6 heures et 9 heures, les rues sont généralement plus calmes, les températures plus agréables et les façades plus faciles à observer.
Il est également possible de sortir rapidement du périmètre le plus touristique. À quelques kilomètres du centre, les visiteurs peuvent découvrir :
- les rizières et les cultures maraîchères de Tra Que ;
- l’île de Cam Kim, accessible par un pont depuis Hoi An ;
- les villages artisanaux situés le long de la rivière Thu Bon ;
- les plages au nord et au sud d’An Bang ;
- le sanctuaire cham de My Son, de préférence dès son ouverture.
Passer la nuit à l’extérieur de la vieille ville permet souvent de bénéficier d’un environnement plus paisible tout en rejoignant facilement le centre à vélo.
Huê peut-elle remplacer Hoi An ?
Huê ne propose pas la même architecture que Hoi An, mais elle constitue une bonne alternative pour les voyageurs intéressés par l’histoire et le patrimoine. L’ancienne capitale impériale est plus étendue, ce qui répartit mieux les visiteurs entre la citadelle, les tombeaux royaux, les pagodes et les villages situés le long de la rivière des Parfums.
Il est possible d’y passer deux ou trois jours sans se limiter à un unique quartier historique. Les tombeaux de Gia Long, Minh Mang ou Tu Duc sont également plus calmes tôt le matin.
Préférer Bai Tu Long aux itinéraires classiques d’Ha Long
La baie d’Ha Long reste l’un des paysages naturels les plus impressionnants du Vietnam. Cependant, de nombreuses excursions utilisent les mêmes itinéraires, les mêmes grottes et les mêmes zones de mouillage.
La sensation de saturation dépend donc fortement du trajet choisi. Une croisière vendue à bas prix sur une seule journée emprunte souvent les secteurs les plus accessibles et les plus fréquentés.
La baie de Bai Tu Long, située au nord-est d’Ha Long, offre des paysages karstiques comparables avec généralement moins de bateaux. Certains itinéraires passent par le village flottant de Vung Vieng, la grotte de Thien Canh Son ou les îles proches de Van Don.
Cette solution demande souvent de réserver une croisière plus longue et parfois plus coûteuse. Elle permet toutefois de passer davantage de temps dans la baie et de s’éloigner des embarcations effectuant uniquement une sortie de quelques heures.
La baie de Lan Ha est-elle réellement plus calme ?
La baie de Lan Ha, accessible depuis l’île de Cat Ba, est souvent présentée comme une alternative déserte à Ha Long. Cette description doit être nuancée. Certains secteurs sont désormais eux aussi très populaires, notamment autour des plages et des itinéraires de kayak les plus connus.
Lan Ha reste intéressante à condition de choisir un petit bateau, un départ matinal ou un itinéraire passant par les zones les plus éloignées de Cat Ba. Il vaut mieux demander précisément à l’agence quelles étapes sont prévues plutôt que de se fier uniquement à la mention « hors des sentiers battus ».
Remplacer Tam Coc par la réserve naturelle de Van Long
La province de Ninh Binh est devenue une étape incontournable pour ses rivières entourées de pitons calcaires. Les excursions à la journée depuis Hanoï concentrent cependant un grand nombre de voyageurs à Tam Coc et à Trang An entre la fin de matinée et le milieu de l’après-midi.
Pour éviter les groupes, la première solution consiste à dormir à Ninh Binh et à se présenter aux embarcadères dès leur ouverture. Les visiteurs qui passent seulement quelques heures dans la région arrivent généralement plus tard depuis Hanoï.
Une autre possibilité consiste à choisir la réserve naturelle de Van Long, au nord de Ninh Binh. Cette zone humide de près de 3 000 hectares propose des promenades en barque au milieu des falaises calcaires et des roselières.
Van Long dispose de moins d’infrastructures touristiques que Tam Coc. Le trajet est généralement plus court et plus simple, mais l’atmosphère peut être nettement plus paisible en dehors des week-ends et des jours fériés vietnamiens.
La région permet également de combiner plusieurs visites moins concentrées :
- l’ancienne capitale de Hoa Lu tôt le matin ;
- la grotte de Thien Ha ;
- le parc national de Cuc Phuong ;
- les routes rurales autour de Gia Vien ;
- les temples et pagodes éloignés des principaux circuits.
S’éloigner du centre de Sapa
Sapa conserve de beaux paysages de montagnes et de rizières, mais son centre s’est considérablement développé. Les hôtels, restaurants, véhicules touristiques et chantiers donnent désormais à la ville une atmosphère très différente de celle d’un village de montagne.
Les sentiers proches de Cat Cat et de Lao Chai peuvent également recevoir de nombreux groupes. Pour profiter de la région, il est préférable de ne pas utiliser Sapa uniquement comme une excursion rapide.
Un séjour de plusieurs nuits permet de rejoindre des villages plus éloignés et de choisir un hébergement géré localement. Il est aussi conseillé d’organiser la randonnée avec un guide habitant dans la région plutôt qu’avec un circuit standardisé réservé depuis Hanoï.
Bac Ha et Hoang Su Phi comme alternatives
Bac Ha, située à plusieurs heures de Sapa, est surtout connue pour son marché dominical. La région comprend également des villages hmong, tay et phu la ainsi que des paysages agricoles moins aménagés pour le tourisme de masse.
Le marché attire beaucoup de monde le dimanche matin, mais la fréquentation retombe rapidement dans les campagnes environnantes. Il est donc préférable de rester au moins une nuit plutôt que d’effectuer un simple aller-retour depuis Sapa.
Plus à l’est, Hoang Su Phi offre des rizières en terrasses spectaculaires. L’accès demande davantage de temps et les transports sont moins simples, ce qui limite naturellement le nombre de visiteurs.
Cette région convient surtout aux voyageurs disposant de plusieurs jours, prêts à accepter des routes plus longues et des infrastructures moins développées.
Quy Nhon et Phu Yen plutôt que les grandes stations balnéaires
Da Nang et Nha Trang disposent de nombreux hôtels, de longues plages et de bonnes liaisons aériennes. Leur accessibilité explique aussi leur fréquentation et le développement rapide de leurs fronts de mer.
La côte comprise entre Quy Nhon et Tuy Hoa, dans la région de Phu Yen, constitue une alternative intéressante. Elle associe des plages, des villages de pêcheurs, des lagunes et plusieurs sites naturels accessibles par la route.
Parmi les étapes possibles figurent :
- la péninsule de Phuong Mai ;
- les plages autour de Quy Nhon ;
- la baie de Xuan Dai ;
- la lagune d’O Loan ;
- les formations rocheuses de Ganh Da Dia ;
- le cap Dai Lanh ;
- la baie de Vung Ro.
Quy Nhon est déjà une destination touristique en développement. Elle ne doit donc pas être présentée comme un lieu totalement secret. Sa fréquentation et son urbanisation restent néanmoins moins importantes que celles des plus grandes stations balnéaires du pays.
Louer un véhicule avec chauffeur ou utiliser le train permet de parcourir cette portion de côte sans multiplier les vols intérieurs.
Con Dao plutôt que Phu Quoc : une alternative à utiliser avec prudence
Phu Quoc a connu une urbanisation touristique rapide, avec la construction de grands complexes hôteliers, de parcs de loisirs et de nouvelles infrastructures. Certaines plages restent agréables, mais l’île ne correspond plus toujours à l’image d’une destination sauvage.
L’archipel de Con Dao offre une atmosphère différente, avec un parc national, des plages, des sites de plongée et un patrimoine historique important. Il accueille moins de visiteurs, mais sa capacité d’hébergement et ses ressources sont également plus limitées.
Con Dao n’est donc pas une destination à promouvoir comme un nouveau site de tourisme de masse. Les visiteurs doivent réserver à l’avance, limiter les déchets, respecter les zones protégées et privilégier les activités encadrées par des opérateurs responsables.
Choisir les bons jours pour éviter la foule
Au Vietnam, la fréquentation ne dépend pas seulement du nombre de touristes étrangers. Les voyageurs vietnamiens représentent une part très importante du marché et se déplacent massivement pendant les week-ends, les vacances scolaires et les fêtes nationales.
Les périodes particulièrement chargées comprennent généralement :
- le Nouvel An lunaire, dont les dates changent chaque année ;
- les jours entourant le 30 avril et le 1er mai ;
- la fête nationale du 2 septembre ;
- les week-ends d’été dans les stations balnéaires ;
- les grands festivals locaux ;
- les périodes de floraison ou de récolte devenues populaires sur les réseaux sociaux.
Un déplacement effectué du lundi au jeudi peut changer considérablement l’expérience dans une station balnéaire ou un site naturel. Les hôtels sont parfois moins chers et les routes plus fluides qu’entre le vendredi soir et le dimanche.
Partir tôt ne suffit pas toujours
Arriver à l’ouverture reste une stratégie efficace pour visiter Hoi An, Trang An, les tombeaux impériaux de Huê ou les sites archéologiques. Elle ne résout toutefois pas tous les problèmes.
Lorsque des dizaines de groupes suivent exactement le même conseil, certains lieux se remplissent rapidement dès le matin. Il est donc utile de combiner plusieurs méthodes :
- dormir à proximité du site plutôt que d’arriver depuis une grande ville ;
- visiter pendant la semaine ;
- choisir un accès secondaire lorsqu’il existe ;
- passer au moins deux nuits dans la région ;
- alterner les sites célèbres et les étapes rurales ;
- réserver directement auprès d’un guide ou d’un hébergement local ;
- éviter les programmes proposant plusieurs grandes attractions dans la même journée.
Se méfier des fausses destinations secrètes
Les réseaux sociaux transforment parfois une plage, un café, un point de vue ou un village en attraction très fréquentée en quelques mois. Une destination présentée comme « inconnue » dans un ancien guide peut donc être devenue populaire au moment du voyage.
Avant de réserver, il est utile de consulter des avis très récents, les horaires d’affluence indiqués par les cartes en ligne et les publications locales. Les photos prises en semaine ou au lever du soleil ne reflètent pas forcément l’ambiance du samedi après-midi.
Il faut également éviter de rechercher systématiquement des lieux totalement isolés. L’absence de visiteurs peut parfois s’expliquer par une route dangereuse, une interdiction d’accès, un manque d’eau, une zone naturelle fragile ou l’absence de services pour accueillir du public.
Un exemple d’itinéraire plus calme sur deux semaines
Un premier voyage au Vietnam peut conserver plusieurs étapes majeures tout en limitant les lieux les plus saturés. Un itinéraire possible serait :
- deux jours à Hanoï, en explorant plusieurs quartiers plutôt que seulement le vieux centre ;
- deux jours dans la réserve naturelle de Van Long et les environs de Ninh Binh ;
- deux ou trois jours dans la baie de Bai Tu Long ;
- deux jours à Huê ;
- une matinée dans la vieille ville de Hoi An, puis une nuit dans les campagnes environnantes ;
- trois ou quatre jours entre Quy Nhon et Phu Yen.
Cet itinéraire ne prétend pas conduire vers des endroits déserts. Il répartit simplement le séjour entre des sites célèbres et des régions où les visiteurs sont généralement moins concentrés.
Faut-il renoncer aux lieux incontournables ?
Éviter la surfréquentation ne signifie pas nécessairement supprimer Hoi An, Ha Long ou Ninh Binh de son voyage. Ces destinations sont populaires pour de bonnes raisons et conservent un intérêt historique ou naturel majeur.
L’objectif consiste plutôt à ne pas construire tout son séjour autour des mêmes étapes que les autres voyageurs. Une visite courte et bien organisée d’un lieu célèbre peut être suivie de plusieurs jours dans une région moins connue.
Cette manière de voyager offre souvent une expérience plus variée. Elle répartit également les dépenses entre davantage d’hébergements, de restaurants, de guides et de commerces locaux.
Avec une fréquentation touristique appelée à continuer de progresser en 2026, la meilleure stratégie consiste donc à voyager plus lentement, choisir les bons horaires et élargir son itinéraire. Le Vietnam est suffisamment vaste pour découvrir ses sites emblématiques sans passer tout le séjour au milieu des groupes.

